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Barcelone - Espagne

Luc Peillon

 
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23/ Retour
 

Mardi 29 novembre. Départ. Aujourd'hui est une journée d'attente. Il est 9 heures et je suis prêt à monter dans le bus me conduisant au bateau, à soixante kilomètres de Fortaleza, lorsque j'apprends de l'agent maritime brésilien que le départ est repoussé de cinq heures. Tant pis. Je pars pour Pécem, petit village à proximité du port maritime, où je passe la journée à fixer l'unique rue désespérément vide. À 17 heures, enfin, je suis sur le quai face au « Cala Pintada », douze heures après mon départ de l'hôtel.



10-12-2005


Fortaleza - Brésil

Luc Peillon

 
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22/ Brésil
 

Dimanche 2 octobre. Tudo bem (Brésil). La frontière brésilienne est la plus décontractée que nous ayons jamais traversée. Je remplis avec une précipitation naturelle le formulaire d'immigration lorsque la fonctionnaire observatrice me lance un « tranquillou » qui paralyse ma main. Je lève les yeux sur un sourire qui aussitôt m'en arrache un. Plus loin le préposé aux véhicules est embarrassé. Les papiers existent. Où sont-ils ? L'ordinateur ne fonctionne plus. Quelle est la procédure ? Il faut consulter les archives. D'une écriture enfantine, il remplit la liasse de documents, sans même jeter un oeil sur la Datsun. Il connaît quelques mots de français et s'empresse de nous les faire partager. Entre deux rudiments de l'idiome de Molière, à peine compréhensibles, il reprend son stylo. La procédure n'en finit plus. Mais nous sommes bien. Pas d'inquisition ici, pas de suspicion, nous sommes les bienvenus. Bienvenus au Brésil. « Tranquillou ».



26-11-2005


Caracas - Vénézuela

Luc Peillon

 
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21/ Venezuela
 

Samedi 24 septembre. Las. Corro hier soir nous a fait souffrir. Deux heures durant, nous avons cherché un hôtel dans cette ville où toutes les pensions affichaient complet. Arrivés exténués vers minuit, après une nouvelle série de barrages vénézueliens, une heure d'errance dans Maracaibo à la recherche de la sortie et de longues heures de routes éclairées par des phares aussi puissants qu'une lampe de poche, nous avons échoué à 2 heures du matin sur une literie sordide dans une pièce sans fenêtre. Rares, chères et pouilleuses, telles seront les chambres durant notre séjour dans ce pays.



01-10-2005


Carthagene - Colombie

Luc Peillon

 
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20/ Colombie
 

Dimanche 11 septembre. En danger. Huit heures du matin, cap sur les San Blas. Cet archipel au ras de la mer a tout d'une carte postale de fantasme occidental. Les cocotiers ploient au-dessus des plages de sable blanc que lèche une eau verte et transparente. Les barrières de corail agissent comme des remparts contre les mouvements de la mer, assurant le calme à la surface de l'océan et une protection naturelle contre les requins. Le coin est habité par les Kunas, des Indiens au sourire fixe qui arrachèrent à Panama une large autonomie dans la gestion de leurs affaires. Le tourisme y est proscrit et seuls les voiliers sont tolérés. Survivants grâce à la pêche et au commerce de noix de coco, ils se déplacent d'île en île sur des embarcations taillées d'un seul tenant dans des troncs d'arbres. Nous les croisons sur l'eau et parfois sur les îles, vivant dans des cabanes rudimentaires, isolés les uns des autres et coupés du reste du monde. Deux jours durant, nous pataugeons ainsi dans le bonheur, grillons quelques poissons sur une plage déserte de Robinson, et oublions le rafiot de notre compatriote.



23-09-2005


panama city - Panama

Luc Peillon

 
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19/ Panama
 

Vendredi 26 août. Panama. Portail entre l'Atlantique et le Pacifique, charnière entre l'Amérique du Nord et celle du Sud, ce pays est à la croisée des routes terrestres et maritimes. Nous traversons en fin de matinée le pont « des Américains » qui enjambe le canal. Nous pénétrons enfin dans cette ville mythique, repère de contrebandiers et de trafics en tout genre. Mexico-Panama en un peu plus d'un mois et quelque cinq mille kilomètres, détours compris : nous voici au terme de notre périple automobile.



09-09-2005


Granada - Nicaragua

Luc Peillon

 
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18/ Nicaragua
 

Samedi 13 août. Nicaragua. Nous roulons trois heures et cent cinquante kilomètres en territoire hondurien, juste assez pour y perdre 40 dollars à la frontière et, de peu, quelques autres billets dans les poches d'une flicaille corrompue. Milieu d'après-midi. Nous n'allons guère à plus soixante-dix à l'heure lorsqu'un vague officiel nous indique le bas-côté d'un bras insistant à fendre l'air. « Excès de vitesse », marmonne sans conviction le grassouillet en uniforme, une fois parvenu à notre hauteur. Nous descendons de la Datsun et l'invitons, d'un geste désinvolte, à la contempler une seconde fois avec nous.



23-08-2005


El Salvador - Salvador

Luc Peillon

 
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17/ Salvador
 

Mardi 9 août. El Salvador. Nous franchissons ce matin la frontière salvadorienne. Nous découvrons à l'occasion que la plaque d'identité du véhicule est à moitié arrachée. Seule la première partie des numéros est lisible. Les douaniers salvadoriens ne s'en formalisent pas mais quid des autres frontières ? Nous payons cinq dollars pour la Datsun, laissons l'Anglaise à un arrêt de bus et fonçons en direction du lac Coatépèque. La route est des plus belles, qui se faufile entre les volcans, encadrée par une végétation tropicale que des centaines d'hommes au bord de la chaussée se cassent le dos à défricher.



12-08-2005


Antigua - Guatemala

Luc Peillon

 
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16/ Guatemala
 

Vendredi 5 août. Guatemala. Nous roulons quatre kilomètres en no man's land avant d'atteindre le poste frontière de la Messilla. Le contraste avec le Mexique est saisissant. Nous retrouvons ici une ambiance déglinguée que nous n'avions plus croisée depuis le Cambodge. La route est encombrée, étroite, bordée de baraques dont l'une ou l'autre doit abriter les fonctionnaires des douanes. Nous procédons aux formalités de passage du véhicule, qui subit une fumigation des roues jusqu'au volant. Nous embarquons au passage Vanessa, Portugaise vivant au Chiapas et en voyage pour quelques jours au Guatemala. Il est encore tôt et nous disposons de la journée pour rejoindre le lac Atitlan, distant d'une centaine de kilomètres de la frontière.



08-08-2005


Mexico D.F. - Mexique

Luc Peillon

 
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15/ Au Mexique
 

Samedi 28 mai. Lost in transition. Tijuana. Arrière-cour industrielle des États-Unis, point de rencontre entre un Nord à la recherche d'économies et un Sud en quête de survie. Plus d'un million de Mexicains, et surtout de Mexicaines, se pressent dans les maquiladoras du Nord du pays, ces ateliers d'assemblage où les entreprises américaines sous-traitent le vil travail manuel.



04-08-2005


San Francisco - Etats-Unis (Les)

Luc Peillon

 
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14/ Etats-Unis
 

Mercredi 4 mai. États-Unis. Six heures du matin. La sonnerie du téléphone vient déchirer mon rêve à peine débuté. Au bout du fil, le 1e officier me demande de rappliquer en vitesse. Les douaniers américains sont là. Ils ont quelques questions à me poser. Je saute du lit, plonge dans mon jean, décolle une à une mes paupières et dévale les six étages jusqu'à la salle du pont principal.

Assis à la table des officiers, le capitaine attend comme un enfant sage. À sa droite, trois colosses bourrés de testostérone, des uniformes bleu marine XXL collés sur leurs muscles, relèvent la tête à mon arrivée. Je suis à peine réveillé et réalise que les prochaines minutes qui vont suivre n’auront rien d’un doux échange inter-culturel. Celui du milieu a déjà mon passeport en main, qu'il semble avoir retourné en tous sens, scrutant un à un les nombreux visas. Fermement invité à m'asseoir, je m'exécute en glissant une vague formule de politesse.



27-05-2005
 
 
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